Alexandre Jollien
Homme, écrivain et philosophe
"Je ne pense pas que l'on doive se blinder contre le regard qui brise parce que ce serait fermer la porte au regard qui aime, qui épanouit. Je consens à rester vulnérable pour ne pas anesthésier ma sensibilité."
"A trop vouloir bouger dans le sein maternel, je m’enroule en effet par trois fois le cordon ombilical autour du cou ce qui provoque, au passage, quelques « dégâts »..."
Alexandre Jollien passe 17 années dans une institution pour personnes handicapées. En 1993, il entre dans une librairie pour "accompagner une fille et tombe sur un ouvrage sur Platon qui invite à vivre meilleur plutôt qu’à vivre mieux. La révélation est inouïe. Je sors de la librairie, le livre sous le bras et bientôt un projet naît : étudier la philosophie". Il fait des études successivement à l’Université de Fribourg, au Trinity College et à Sogang University à Seoul. Aujourd’hui, il donne des conférences et écrit des livres qui puisent leur source dans la tradition des philosophes mais aussi dans l’expérience du zen et de la mystique chrétienne.
Il publie Eloge de la faiblesse (CERF), Le Métier d'homme (Seuil), La Construction de soi : un usage de la philosophie (Seuil), Le Philosophe nu ( Seuil), Petit Traité de l'abandon : pensées pour accueillir la vie telle qu'elle se propose (Seuil), Vivre sans pourquoi : Itinéraire spirituel d'un philosophe en Corée (Seuil), Trois amis en quête de sagesse ( l'Iconoclaste-Allary), La sagesse espiègle (Gallimard), À nous la liberté ( L'Iconoclaste-Allary).
Jean-Pierre Brouillaud
Ecrivain, conférencier et bourlingueur
"Il n’y a pas de handicap, il n’y a que des différences. Le seul handicap que je connaisse relève du fait de ne pas accueillir l’autre tel qu’il est."
Jean-Pierre Brouillaud intervient régulièrement pour présenter films et livres mais surtout échanger autour des thèmes du voyage, du handicap, "ce qui nous conduit parfois vers des rivages inattendus."
"J’ai perdu la vue définitivement à l’âge de 16 ans, j’étais alors dans une institution pour personnes malvoyantes. J’ai d’abord nié l’évidence et fonctionné grâce à ma seule mémoire. Puis on m’a envoyé dans une autre école, c’est là que j’ai compris que j’étais aveugle."
Jean-Pierre Brouillaud part alors seul sur les routes de l'Inde, poussé par une souffrance qui frôle la déraison. C'est le début d'un périple qui durera des années. Inde, Népal, Afrique noire, Amazonie, Pacifique. L'homme a fait les cinq continents : "J’étais chercheur d’or en Amazonie, j’ai vécu avec des gens hors la loi dans un village africain, j’ai fait l’Afrique noire à pied, en stop". Les rencontres, le défi permanent, l'aventure humaine, le dépassement de soi, l'amènent à transformer sa cécité en force. Il n'est plus handicapé mais différent et préfère d'ailleurs parler de voyage intérieur : "je n’aime pas le mot combat mais l’une des choses les plus importantes dans ma vie a été le fait d’abolir la peur, en me mettant dans des situations toujours plus audacieuses. Aujourd’hui je n’ai plus de peur. Je suis un amoureux de l’inconnu, de tout ce qui se présente, qui est complètement nouveau et qui me permet de me dépasser."
Il publie Voyages du coq à l'âme - Par-delà le visible (Aluna), Aller voir ailleurs : dans les pas d'un voyageur aveugle (Points aventure). Avec Lilian Vezin, il signe le documantaire Deux hommes, un regard.
Guillaume Bats
Humoriste
Il est atteint de la maladie des os de verre. A 12 ans, il commence à montrer ses spectacles dans les MJC. En 2008, il part à Paris pour suivre des études supérieures à la Sorbonne-Nouvelle Paris III. En parallèle, il élabore ses premiers sketches.
Il joue en première partie de plusieurs humoristes de la scène française jusqu'en 2014 ; année où il commence à se produire en tête d'affiche.
En 2018, il joue seul en scène dans un spectacle intitulé Hors cadre.
Depuis octobre 2017, il participe à l'émission présentée par Laurent Baffie Open Bar.
"Je n'ai plus laissé les autres se faire un avis sur moi, je suis allé vers eux."
José Sisa
Pair Emulateur
"Atteint d'une poliomyélite à l'âge de 7 mois, j'ai eu besoin des autres, et,
une cinquantaine d'années plus tard, j'ai décidé de me mettre au service des
autres, en devenant pairémulateur et intervenant pair, afin de modestement,
susciter chez de nouvelles personnes handicapées, leur capacité à agir, à exister et être des citoyens capables de s'engager dans des projets, projets pour eux-mêmes, et peut-être pour les autres.
J'ai participé, dans une posture de formateur, à des sessions de formation auprès des travailleurs sociaux du fait de mon expertise sur la place des usagers, dans le cadre de l'évolution des politiques publiques. Je suis sollicité par des lycées professionnels, par des lycées d'enseignement général pour inviter les élèves à réfléchir ensemble sur les notions de handicap et les liens avec l'environnement, ainsi que sur la capacité d'agir des personnes en situation de handicap, pour peu qu'on leur en laisse l'occasion.
J'aime associer les termes d'accessibilité, d'inclusion et de liberté aux nombreux domaines auxquels notre société nous confronte. Liberté de faire, ou de ne pas faire, de choisir, ou de ne pas choisir pourvu que
nos actions et nos choix, ne nous soient pas imposés !
J'ai, en vrac et dans le désordre : bossé 30 ans, marié, divorcé, père et grand-père, sportif acharné dans ma jeunesse et militant, bénévole, représentant des usagers, le tout pour une société réellement inclusive dans laquelle "l'égalité des chances" n'est pas juste un titre de la loi de 2005.
Aujourd'hui, le pairémulateur que je suis, s'évertue à "susciter la capacité d'agir" de mes pairs pour qu'ils puissent s'autoriser à penser que, au-delà du handicap, un monde de possibleS s'offre à eux ."
Nicolas Linder
"Borgne to be alive ! " et routard
Malvoyant, atteint du Spina-Bifida. Longtemps recroquevillé dans la « bulle du handicap », Nicolas Linder a finalement décidé de se donner les moyens de vivre pleinement ses rêves pour ne plus subir sa maladie. « La vie m'a mis au défi, alors j'ai décidé de réaliser ceux qui me feront vibrer ». Vice-président, durant six ans, de l'association strasbourgeoise Vue (d')Ensemble, qui milite contre la sédentarisation des déficients visuels, il a fondé, en 2020, l'association « Elan'dicap ». Objectif : briser les tabous qui pèsent sur le handicap, et plus particulièrement sur le spina bifida, et montrer que les personnes concernées peuvent être « à l'initiative d'un changement de société ».
Il est constamment en quête d'aventures. Après avoir marché sur le lac Baïkal en Sibérie, parcouru le chemin de Compostelle et traversé l'Alsace grâce à un GPS "entièrement vocal ", il s'apprête à rallier les capitales de l'Union européenne. Un road-trip de 20 000 km "sans avion".